Décembre 1999, dans la petite ville de Beauval, Antoine Courtin âgé de douze ans s’est pris d’affection pour le chien Ulysse des voisins, les Desmedt. Celui-ci l’accompagne quand il va jouer dans la forêt toute proche où il a construit une cabane. Le jour où Ulysse est renversé et gravement blessé par un chauffard, son maître M. Desmedt l’abat d’une cartouche.
« Dans le triangle père absent, mère rigide, copains éloignés, le chien Ulysse occupait évidemment une place centrale. Sa mort et la manière dont elle survint furent pour Antoine un événement particulièrement violent. » Antoine assiste à la scène, incrédule, le cœur au bord des yeux. Sauf que la mort d’Ulysse est suivie dans la même journée par un autre drame dont Antoine est le responsable. Paniqué, il pense à prendre la fuite.Alors que le drame mobilise l’ensemble de la population de Beauval dans un climat de tension où les vieilles rancunes ressurgissent, Antoine va endosser l’habit du menteur.
Les années passent, Antoine à 24 ans, étudiant en médecine, il fait la fierté de sa mère qui lui reproche de ne pas venir souvent à Beauval. Justement, s’éloigner et quitter les lieux de son enfance revient à tenter d'oublier son passé. Mais ce dernier comme la tourmente vont rattraper Antoine et toute sa vie en sera bouleversée.
"Pierre Lemaitre démontre qu’il est fin psychologue et nous ferre car il nous place au plus près d’Antoine (de ce qu’il vit, de ce qu’il pense). On est à ses côtés, c’est si bien décrit que l’on « ressent » physiquement ses émotions : la peur qui tord le ventre, la sensation d’être perdu, l’angoisse. On le suit sur plusieurs périodes durant lesquelles sa conscience s’est modifiée. Car de 12 ans à l'âge adulte, un évènement se modifie forcément dans les souvenirs. L’auteur ne s’en tient pas à analyser le comportement d’Antoine, un garçon sensible et attachant dès les premières pages. A travers la population de Beauval, il nous dépeint le genre humain et ses différentes réactions face à un drame. Cerise sur le gâteau, Pierre Lemaitre nous offre une belle fin renversante."
Un roman que l'on ne peut lâcher.
LES BIBCHALAIN
