En août 1915, Aravni a à peine 17 ans quand elle est déportée dans le convoi d’Amassia. Sa pugnacité et l’aide de sa marraine lui permettent de survivre puis de s’échapper en se cachant sous un monceau de cadavres. La suite n’est que l’histoire d’une suite pour la vie et de cache à Alep. Jusqu’à ce que son mari, intellectuel communiste l’emmène vivre à Paris. Dans le Paris des années 1970, Aravni est pour sa petite fille « Nani », la mère de son père, qu’elle a adore et dont elle a cependant un peu honte, avec son mauvais français et ses recettes de cuisine un peu trop lourdes. La gamine mesure bien toute la différence qu’il y a avec la mère de sa mère, « mamie », élégante, moderne, agile et maîtresse de recettes aussi traditionnelles que le Gigot-Flageolet. Maîtrisant de mieux en mieux l’arménien, très malheureuse que la mémoire du génocide soit passée sous silence alors que celle de la Shoah est de plus en plus reconnue, c’est enceinte d’un premier enfant au nom arménien que la petite-fille va interroger sa grand-mère sur son histoire.
"D’une construction limpide, où le point de vue de la petite-fille fait face à la narration à la troisième personne de ce qui s’est passé pour sa grand-mère, l’étrangère a la force tenace d’une immense simplicité. Les mots frappent justes et on ne peut pas ne pas tomber amoureux de « Nani », à tous les âges de sa vie. Ce personnage de grand-mère aussi gâteau que têtue permet aussi d’incarner le pire : son histoire est reconstruite et racontée pour un récit à la fois important et rare."
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